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C'est l'avenir en japonais !
Par Philippe Lacroix
Le 8 janvier 2018
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Pour faire face à l'avenir, Toyota se met à la pile à combustible comme Honda et Hyundai. Avec un air très particulier, la Mirai a besoin d'oxygène et d'hydrogène pour se déplacer. Prix d'entrée : 66.000 €.

toyota-mirai-2Toulon – Pour remplacer le moteur thermique gros consommateur d'énergies fossiles, Toyota explore tous les domaines. Leader mondial sur le marché des hybrides conjuguant moteur électrique et moteur thermique, le constructeur japonais abandonne ce dernier en explorant la voie de la pile à combustible (PaC) à l'instar de Hyundai et Honda. Ainsi, la Mirai ( qui se traduit par ''avenir'' en français) puise l'électricité qui sera transmise au moteur électrique dans la combinaison de la pile à combustible et de la batterie. Comme chez les autres technologies hybrides, la batterie apporte un supplément de puissance lors des accélérations afin d'améliorer les performances du véhicule et son rendement. L'électricité est fabriquée par réaction de l'oxygène de l'air et de l'hydrogène contenu dans les deux réservoirs placés dans le plancher de part et d'autre du train arrière.

Un ravitaillement rapide

toyota-mirai-03L'idée est simple mais sa réalisation est complexe et nécessite pas mal de place pour intégrer tout le système. Ce dernier atteint un poids non négligeable même si celui de la pile à combustible a été réduit de moitié (56 kg) par rapport à celui du prototype et que les réservoirs, très sécurisés, sont en fibre de carbone. Au final, la Mirai accuse à vide 1.850 kg sur la balance. Et la contenance du coffre est limitée à 361 litres, ce qui est peu pour une voiture affichant 4,89 m de long. La capacité en hydrogène compressé à 700 bars est de 5 kg ou l'équivalent de 130 litres. Théoriquement la consommation annoncée est de 0,76 kg au 100 km soit 21 litres, mais la pratique approche plutôt des 1 kg, ce qui donne une autonomie minimale de 500 km. C'est bien mieux qu'une voiture électrique, d'autant que le remplissage des réservoirs se réalise aussi vite qu'à une pompe à essence.

Une esthétique discutable

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En revanche, le réseau de distribution d'hydrogène en est à son balbutiement et pas question de posséder une cuve dans son jardin, tandis qu'il est plus facile d'adapter une prise électrique dans son garage. De plus, le kilo d'hydrogène devrait être facturé 10 € aux particuliers, ce qui n'engendre pas une économie par rapport à l'essence. Toutefois, rouler en Mirai, qui demande déjà un investissement conséquent, offre l'avantage de rouler en silence, sans émettre la moindre pollution, sans craindre les zones urbaines protégées, d'avoir des accélérations incroyables sans le souci de passer des rapports...et de se faire remarquer. En effet, l'esthétique de la Mirai n'est pas très orthodoxe, faite de ligne brisées et anguleuses à l'image des impressionnantes prises d'air latérales à l'avant évoquant le fonctionnement de cette voiture qui aspire de l'air et ne rejette que de l'eau.

Un habitacle spacieux

toyota-mirai-5L'habitacle prévu pour accueillir quatre personne offre un espace étonnant, avec de nombreux rangements, mais en fait logique compte tenu de la taille de la Mirai. La construction de la planche de bord, aux lignes très particulières, participe à cette atmosphère puisqu'elle est dégagée de tout compteur derrière le volant. Toutes les indications digitales concernant le fonctionnement de la voiture sont concentrées au niveau de la console centrale et au pied du parebrise sur des écrans. Il est possible de choisir le mode d'affichage (informations de conduite / navigation / système audio / aides à la conduite / réglages), ou de subdiviser l'écran pour lire les informations relatives à la pile à combustible. Volant et sièges avant avec support lombaire motorisé sont parfaitement ajustables et mémorisables. Lorsque le conducteur monte à bord ou descend, son siège recule de concert avec la remontée du volant, afin de faciliter les mouvements.

À la mode de chacun

toyota-mirai-4Dès le premier roulage, c'est une impression de confort qui apparaît et les suspensions révèlent un amortissement remarquable. La direction électrique se fait légère et directe. Le centre de gravité très bas de la Mirai assure une tenue de route sans histoire. Bien entendu, la Mirai dispose de deux modes de conduite, Eco pour privilégier la sobriété et Power qui modifie les caractéristiques moteur pour aviver la réponse aux sollicitations de l'accélérateur. Il y a également un mode qui optimise la récupération d'énergie au freinage et renforce légèrement la décélération lorsque le conducteur souhaite réduire la vitesse, dans les longues descentes ou l'approche d'un feu rouge par exemple. Enfin, pour le plaisir de l'oreille, un bruit spécifique de compresseur d'air accentue l'impression d'accélération. De même, un bruit factice accroit le sentiment de sécurité du conducteur en imitant la décélération produite par un freinage moteur thermique. Comme quoi la psychologie est rentrée en ligne de compte pour que la transition vers le futur se fasse sans traumatisme.

 

J'ai apprécié

J'ai regretté

 

Le confort de l'habitacle

L'autonomie

La vitesse du ravitaillement

Le silence de fonctionnement

Les performances suffisantes

Le comportement routier

L'amortissement bien maîtrisé

 

Le style torturé

Pas de circuit d'approvisionnement

L'encombrement des réservoirs

La taille du coffre

Le prix de l'hydrogène

Pas de roue de secours

Seulement quatre places

La fiche technique de la Toyota Mirai

Longueur : 4,89 m

Largeur : 1,81 m

Hauteur : 1,53 m

Empattement : 2,78 m

Poids : 1.850 kg

Réservoirs d'hydrogène : 130 litres ou 5 kg

Coffre : 361 litres

Nombre de places : 4

Moteur électrique : synchrone à aimant permanent

Puissance : 154 ch / 113 kW

Couple : 335 Nm immédiat

Batterie : Nickel-Hydrure métallique

PaC : électrolyte polymère

Puissance : 155 ch / 114 kW

Transmission : train différentiel

Vitesse maxi : 178 km/h

Accélération 0 à 100 km/h : 9''6

Consommation en H : 21 litres ou 0,76 kg/100km

Émission : eau uniquement