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La grande attraction 
Par Renaud Lacroix
Chevrolet Orlando : la grande attraction

Musclé et massif, l'Orlando fait honneur à Chevrolet. Pourtant, sous ses airs de gros SUV américain se cache un monospace de sept places habitable et bien fini. Avec des tarifs démarrant à 20.200 € pour l'essence et 23.500 € pour le diesel, il se positionne avantageusement sur le marché français.

Valencia – L'implantation de Chevrolet en Europe continue et la marque américaine affirme de plus en plus son identité propre sur notre continent en proposant des modèles à la fois originaux, bien équipés et bon marché. Les Daewoo rebadgées qui lui avait mis le pied à l'étrier en Europe laissent maintenant place à des véhicules qui font pleinement ressortir le passé de Chevrolet. Ils présentent désormais des gueules d'américaines derrière lesquelles motorisations et équipements s'adaptent parfaitement à nos marchés. L'Orlando, qui tire son nom de la ville de Floride célèbre pour son parc d'attractions, est le dernier exemple en date. Mélange de monospace et de SUV, il arbore des formes massives et anguleuses. Le bouclier avant s'orne d'une large calandre, comme sur la Cruze, d'un logo Chevrolet bien visible et d'optiques trapézoïdales qui lui donne un aspect rieur. L'arrière est plus conventionnel et seul le logo permet de reconnaitre un produit de la firme américaine. Le contour abrupt qui se termine par cette face arrière verticale favorise en revanche l'habitabilité, point essentiel pour un véhicule sept places.

 

Des rangées en gradins

Chevrolet Orlando : la grande attractionLes occupants sont répartis classiquement en trois rangées avec trois sièges au milieu et deux au fond. Personne n'est sacrifié dans l'Orlando et chacun des sept passagers a droit à un vrai siège avec appui-tête. Le passager central de la deuxième rangée sera peut-être un peu à l'étroit si ses voisins directs ont des carrures de rugbymen mais l'habitabilité générale demeure satisfaisante. La disposition en gradin des différentes rangées permet aux deux occupants du fond d'avoir de la visibilité et de ne pas se sentir complètement rejetés. En revanche, ils feront face aux dossiers de la deuxième rangée qui forment un véritable mur noir. Claustrophobes s'abstenir, donc.

Si la troisième rangée s'escamote complètement sous le plancher, faisant passer le volume de chargement de 89 à 458 litres, il n'en va pas de même pour la deuxième. La banquette fractionnable 2/3-1/3 se replie et bascule contre les dossiers des places avant. Le volume de chargement se monte alors à 856 litres. Les différentes manœuvres pour plier ou déplier les sièges sont assez intuitives mais demanderont quand même une petite gymnastique.

 

Intérieur bien pensé

Chevrolet Orlando : la grande attractionLe conducteur est soigné de la même façon. Toutes les commandes sont facilement accessibles et les cadrans du tableau de bord, sans être originaux, sont cependant bien lisibles avec un rétro-éclairage bleu. Le panneau central très large accueille l'ensemble des fonctionnalités de l'Orlando sans phagocyter d'espace pour les jambes des occupants. Le seul hic est à mettre sur le compte du GPS, peu pratique dans son utilisation. Les rangements sont bien pensés avec notamment un casier astucieusement caché derrière la radio. Dommage que la boite à gants soit si petite et la console centrale rétrécie à cause de la disposition du frein à main. L'aspect laqué, disponible au troisième niveau de finition, rajoute un aspect luxueux à un intérieur déjà bien fini. La sellerie cuir n'est disponible que sur le quatrième et dernier niveau de finition mais le volant en cuir équipe l'Orlando dès le deuxième.

 

Trois puissances au choix

Chevrolet Orlando : la grande attraction

Le panel de motorisations est assez restreint avec un 1,8 litre essence de 141 ch et un 2 litres diesel décliné en 130 et 163 ch. Malgré un couple de 176 Nm à 3.800 tr/mn, le moteur essence peine à vaincre la tonne et demie de l'Orlando, surtout lorsqu'il est chargé. Il s'acquitte néanmoins de sa tâche avec constance et sa sonorité n'est pas déplaisante quand il monte en régime. Il est accouplé à une boite manuelle cinq rapports qui souffre de ne pas en accueillir un sixième. Elle est en effet bien étagée avec une troisième utilisable sur une large plage de régimes, mais les quatrième et cinquième tirent trop court. Il pâtit alors d'un bruit lancinant en vitesse de croisière sur autoroute. C'est d'autant plus dommage que l'Orlando est autrement bien insonorisé.

Officiellement, sa consommation est de 7,3 L/100 km mais il faudra compter deux litres de plus en utilisation « normale », ce qui demeure toutefois excellent pour ce type de véhicule. Ses rejets de CO2 de 172 g/km le pénalisent d'un lourd malus écologique de 750 €.

 

Une boite manuelle agréable

Chevrolet Orlando : la grande attractionLe moteur diesel, essayé dans sa version 163 ch, se montre lui aussi à la hauteur. Il emmène l'Orlando de 0 à 100 km/h en 10''. Une fois passé le cap des 2.000 tr/min en-dessous duquel il est un peu creux, ce 2 litres diesel s'affranchit facilement de la masse encore plus élevée de 1,66 t du monospace Chevrolet. Accouplé quant à lui à une boite manuelle six rapports, il reste aussi confortable en ville que sur autoroute. La boite de vitesses est d'ailleurs l'un des atouts de l'Orlando. La navigation dans la grille est facile, les verrouillages fermes et les rétrogradages se font facilement, ce qui est appréciable car le temps de réponse de l'accélérateur pour effectuer un double débrayage est important, en diesel comme en essence.

Les consommations des diesel 130 et 163 ch sont annoncées identiques à 6 litres/100 km. Encore une fois elles sont un peu optimistes mais demeurent raisonnables. Les rejets de CO2 de 159 g/km limite le malus à 200 € dans les deux cas.

Une boite automatique à six rapports est aussi proposée sur le 163 ch.

 

Un châssis bien équilibré

Chevrolet Orlando : la grande attractionCôté châssis, l'Orlando ne souffre d'aucun reproche. Il correspond à l'utilisation d'un monospace avec un amortissement efficace. En courbe, le roulis est quasiment inexistant. Les masses sont suffisamment bien réparties pour faire oublier que le Chevrolet reste un véhicule imposant. La sensation de lourdeur du train avant n'est que faiblement présente sur les versions diesel.

La direction à crémaillère est assistée hydrauliquement sur le diesel et électriquement sur l'essence. Dans les deux cas, cette assistance est trop intrusive dans la conduite en ramenant le volant au point milieu trop brusquement. On perd les sensations provenant du volant et le mouvement devient vite fatiguant pour les bras.

Le freinage est assuré par des disques ventilés à l'avant et pleins à l'arrière. Il privilégie surtout le confort avec une décélération progressive mais, en conséquence, il n'est pas assez mordant à l'attaque de pédale.

 

Un monospace abordable

Chevrolet Orlando : la grande attractionL'Orlando est proposé avec quatre niveaux de finitions. Le premier (LS+), seulement disponible sur le moteur essence, sert à fournir un prix d'appel de 20.200 € avec un minimum d'équipements (finition « aluminium », pas d'ordinateur de bord ni d'allume-cigare, volant non réglable en profondeur). Dès le deuxième niveau (LT+), le Chevrolet se montre plutôt généreux avec les jantes alliage 16 pouces, les radars de recul, les commandes au volant, la climatisation automatique et le système de navigation en option à 775 €. Le moteur diesel de 130 ch n'est disponible qu'avec ce niveau de finition, à 23.500 €. Le moteur diesel de 163 ch est associé au haut de gamme à partir de 24.800 €. Il bénéficie des jantes alliage 17 pouces, du régulateur électronique de vitesse, de l'allumage automatique des feux et des essuie-glaces avant à déclenchement automatique avec le niveau LTZ. L'ultime niveau de finition offre en plus la sellerie cuir, les sièges avant chauffants et le système de navigation de série.

Au final, Chevrolet livre un monospace qui allie un équipement complet à des prix très compétitifs. Le tout est servi par un ensemble châssis-moteur-boite qui fait de l'Orlando un produit séduisant sur tous les plans.

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