Home Actualités Pertuis : les voitures des étrangers dehors !
Le 5 décembre 2017

Rejeté au bout du Vaucluse et coincé entre les Bouches-du-Rhône et les Alpes de Haute-Provence, Pertuis n'aime pas les voitures venant de l'étranger. Consigne du maire ou excès de zèle de la police municipale, le disque de stationnemment est obligatoire. Rien d'autre n'est toléré sous peine de PV immédiat.

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D'un premier abord, la petite ville de Pertuis semble accueillante pour le touriste venu des environs ou d'un peu plus loin. En arrivant sur le Cours de la République, les grands arbres ombragés invitent à faire une halte d'autant qu'on y trouve souvent une place de stationnement. Sans doute par le tarif d'horodateurs au prix dissuasif...mais pas du tout. Depuis quelques temps la mairie a institué la gratuité avec le retour au disque de stationnement. Une idée généreuse par les temps qui courrent et le visiteur qui avait déjà sorti machinalement son porte-monnaie à la recherche d'un horodateur découvre un panneau qui lui indique qu'il a droit à une seule 1h30 de stationnement, mais gratuite.

Le disque de la discrimination

Le problème pour celui qui redécouvre ce procédé du siècle dernier, peu courant dans l'hexagone mais qui refait surface dans quelques petites bougades, c'est qu'il ne dispose pas de disque, et rien n'indique à proximité des panneaux où en trouver. Et les passants (Pertuisiens) intérrogés n'en savent pas plus. Un peu désorienté, le visiteur, en attente de se procurer le fameux disque, trouve la solution en inspectant une voiture à proximité qui a affiché son heure d'arrivée sur un papier bien lisiblement derrière son pare-brise. Rien de plus simple en fait. Apparemment. Le visiteur fait de même, mais 25 minutes plus tard, à son retour, un papillon lui signifie qu'il va recevoir un procès verbal pour défaut de disque. Interloqué, le visiteur se renseigne sur l'adresse du bureau de la police municipale pour s'expliquer.

Pertuis et le culte de Ubu

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Mais après en avoir poussé la porte 15 minutes plus tard, le visiteur s'aperçoit très vite qu'il va perdre son temps, en s'adressant à une dame et un monsieur en uniforme derrière leur guichet. Après avoir expliqué sa mésaventure, il se voit répliquer qu'un papier ce n'est pas réglementaire, qu'il n'est pas rond comme le disque et que seul un disque est valable pour marquer son heure d'arrivée. Le visiteur de toute bonne foi insiste en rappelant qu'il a bien signalé son heure d'arrivée... mais un disque c'est un disque et la police municipale ne sait lire que les disques et rien d'autres. Troublé, le visiteur demande comment il doit faire pour se garer à Pertuis. Réponse, l'étranger sans disque doit se garer hors de la ville où il n'y a pas de zone réglementée par un disque. Et les fonctionnaires oublient même de proposer au visiteur un disque de stationnement alors que c'est dans leur officine qu'ils sont offerts gratuitement à la population.

Un maire qui a autre chose à faire...

Repousser l'étranger hors de la ville, le visiteur pensait que c'était le destin du seul terroriste, et pour en avoir le coeur net, il a cherché à joindre monsieur le maire de Pertuis pour se rassurer. Mais Roger Pellenc est débordé et il n'a pas que la ville à gérer, il collectionne les casquettes d'élus et est aussi le patron d'une grosse entreprise de construction de machines, d'équipements et outillage pour l'agriculture spécialisée avec un chiffre d'affaire dépassant les 140 millions d'euros déclarés. Quelqu'un d'important en quelque sorte, avec multiples barrages pour prendre un simple rendez-vous téléphonique de 5 minutes, aussi bien du côté mairie que de sa société. Reprendre contact pas avant le 15 janvier, telle est la réponse finale. Et voilà le visiteur, coupable d'honnêteté, redevable d'une amende de 17 € pour stationnement sur un emplacement gratuit pendant 25 minutes.

Le modèle européen est obligatoire

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En désespoir de cause, le visiteur accepte d'être rappelé par le directeur de cabinet du maire de Pertuis. Un homme cordial apparemment. Il en résulte qu'à Pertuis, on ne pratique pas l'indulgence et que la bonne foi n'y est pas reconnue. Un exemple de la loi appliquée dans sa stupide rigueur. Un exemple aussi d'une police municipale utilisée en priorité à verbaliser les peccadilles. Une conversation qui a le mérite de faire les observations qui suivent :

Les zones à stationnement gratuit à durée limitée ne sont pas légion en France, mais il est conseillé donc de prendre ses précautions, d'autant que le modèle aux normes européenne est obligatoire (NDLR : on se demande bien pourquoi). Oublier d'apposer le disque bleu européen, dépasser la durée maximale autorisée par la commune définie par arrêté municipal, mettre l'heure d'arrivée sur un papier si pas de disque, la punition est identique : 17 €. Aucune contestation possible ! De plus le disque doit être placé à l'avant et derrière le pare-brise pour que l'agent contrôleur n'ait pas à s'engager sur la chaussée.

                                                                                                               Philippe LACROIX